vendredi 14 décembre 2018

[Gisti-info] Journée d’étude «Le droit d’asile à l’épreuve de l’externalisation des politiques migratoires» Gisti/Iredies le 18 janvier 2019

Gisti & Iredies

Le droit d'asile à l'épreuve de l'externalisation des politiques migratoires

Journée d'étude, Paris le 18 janvier 2019


Le traitement des demandes d'asile s'opère de plus en plus en périphérie et même en dehors des territoires européens. Hotspots, missions de l'Ofpra en Afrique, accord UE-Turquie : telles sont quelques-unes des formes que prend la volonté de mise à distance des demandeurs d'asile et réfugiés qui caractérise la politique de l'Union européenne depuis deux décennies.

C'est à ce processus d'externalisation de l'asile qu'est consacrée la journée d'étude organisée par le Gisti et l'Iredies. Il s'agit, à partir d'exemples concrets, de proposer une analyse critique de ces nouvelles pratiques ainsi que de leurs conséquences sur les migrants et le droit d'asile.




Programme


9h : Accueil


9h30 : Introduction

Vanina Rochiccioli, présidente du Gisti


9h45 – 12h30 : L'externalisation de l'asile : une réalité multiforme

  • Externalisation de l'asile : concept, approches, mécanismes
    Claire Rodier, Gisti, Migreurop
  • La réinstallation des réfugiés : aspects historiques et contemporains
    Marion Tissier-Raffin, maîtresse de conférence à l'Université de Bordeaux (CRDEI)

Pause-café

  •  Les effets (in)visibles de l'externalisation : les camps
    Laurence Dubin, professeure à l'École de droit de la Sorbonne (Université Paris 1)

Débat


12h30 – 14h00 : Déjeuner libre


14h – 18h : Déclinaisons concrètes de l'externalisation

  •  Dublin, une forme d'externalisation «intra-européenne»
    Ségolène Barbou des Places, professeure à l'Ecole de droit de la Sorbonne (Université Paris 1)
  • L'accord UE -Turquie, un modèle ?
    Claudia Charles, Gisti, Migreurop

Débats et pause-café

  •  Table ronde : L'asile «hors les murs» ? L'Ofpra au service de l'externalisation


Inscriptions

La participation est gratuite, mais l'inscription obligatoire par courriel à l'adresse inscription-journee-asile@gisti.org


Lieu de la formation

Amphithéâtre III du Centre Panthéon
12 place du Panthéon 75005 Paris

RER B, station Luxembourg
Bus : 21, 27, 38, 82, 84, 85, 89




www.gisti.org/spip.php?article6047

jeudi 13 décembre 2018

[Gisti-info] Les 7 de Briançon lourdement condamné·e·s par le tribunal de Gap Comité de soutien aux 3+4, Anafé, Gisti, La Cimade]

Action collective

Les 7 de Briançon lourdement condamné·e·s par le tribunal de Gap
[Comité de soutien aux 3+4, Anafé, Gisti, La Cimade]


Le 13 décembre 2018, le tribunal correctionnel de Gap a déclaré les 7 de Briançon coupables d'aide à l'entrée sur le territoire d'une personne en situation irrégulière. Si la circonstance aggravante de bande organisée a été abandonnée, la lourdeur des peines prononcées (conformes aux réquisitions du parquet) marque un tournant dangereux dans la répression des personnes solidaires [1].

Benoît, Théo, Bastien, Lisa et Eleonora ont été condamnés à 6 mois d'emprisonnement avec sursis simple. Juan a été condamné à 12 mois d'emprisonnement dont 8 avec sursis simple et 4 fermes et Mathieu à 12 mois d'emprisonnement dont 4 fermes et 8 avec sursis avec mise à l'épreuve.

Nos organisations sont scandalisées et indignées par ce jugement qui criminalise encore une fois et de manière inédite des militant·e·s agissant en faveur des droits des personnes migrantes.

Le droit fondamental constitutionnel de manifester a donc été nié au profit d'une pénalisation toujours plus forte des personnes solidaires. Aussi, ce jugement va-t-il à l'encontre de l'obligation légale qu'a chacun·e de porter secours à une personne en danger. C'est un signal alarmant pour les défenseurs des droits humains en France qui font l'objet de pressions de plus en plus fortes de la part des forces de l'ordre et des autorités judiciaires.

Nos organisations se dressent aux côtés de Bastien, Benoît, Eleonora, Juan, Lisa, Mathieu et Théo et continueront de les soutenir et de dénoncer la situation de péril imminent des personnes migrantes dans les Alpes.

Lors de l'audience du 8 novembre 2018, les avocat·e·s et les prévenu·e·s ont pu dénoncer les violations quotidiennes des droits des personnes migrantes commises par les forces de l'ordre à la frontière franco-italienne, les agissements illégaux restés impunis à ce jour du groupuscule Génération Identitaire et les tentatives d'entraves au droit fondamental de manifester à la fois des prévenu·e·s mais aussi des personnes exilées.

Le Ministère public avait demandé au tribunal de condamner respectivement à 6 mois d'emprisonnement avec sursis simple pour Bastien, Benoît, Eleonora, Lisa et Théo ; 12 mois dont 4 mois d'emprisonnement ferme et 8 avec sursis simple pour Juan ; et 12 mois dont 4 mois d'emprisonnement ferme et 8 avec sursis avec mise à l'épreuve pour Mathieu.

Au-delà de la condamnation des 7 solidaires, le tribunal est resté sourd aux témoignages et preuves apportées par la défense, faisant le jeu ainsi des pratiques illégales de l'administration, les violations des droits et la traque des personnes migrantes. Alors que des personnes exilées, auxquelles nous essayons de venir en aide, meurent sur les routes dangereuses de la frontière franco-italienne, le tribunal correctionnel de Gap a fait le choix de condamner la solidarité.

Ce jugement est rendu alors que la Cour de cassation a annulé hier des décisions condamnant des militants pour « délit de solidarité ». L'occasion de rappeler que d'autres militants solidaires des personnes migrantes de Briançon sont convoqués devant la justice en janvier et en mars 2019.

Par ailleurs, les associations alertent sur la militarisation de la frontière qui contraint les personnes migrantes à se mettre en danger en montagne dans le froid et la neige. La présence policière permanente entrave le déroulement des maraudes visant à secourir les exilé·e·s.

Soutenues par près de 50 000 personnes qui ont signé la pétition, nos organisations demandent l'abandon de toutes les poursuites pour délit de solidarité contre les personnes, dans les Alpes et ailleurs, qui agissent dans un esprit de fraternité.


13 décembre 2018

Signataires :

  • Comité de soutien aux 3+4 :
    Article 1er, Le Cesai, CGT 05, Chemins Pluriels, Chez Marcel, CHUM, Collectif Maraudes, Comité de soutien aux 3+4 Genève, Comité de soutien aux 3+4 Marseille, Les Croquignards, Ensemble 05, La Fanfare Invisible, Icare 05, NO THT 05, PCF 05, Réseau hospitalité 05, Sud 05, Les Tabliers Volants, Tous Migrants.
  • Anafé
  • Gisti,
  • La Cimade


[1] Rappel des faits  : Bastien, Benoit, Eleonora, Juan, Lisa, Mathieu et Théo étaient poursuivi·e·s pour avoir participé, en avril dernier, à une marche solidaire pour dénoncer les violences commises par le groupuscule identitaire à l'encontre des personnes exilées dans la région de Briançon et pour protester contre la militarisation de la frontière franco-italienne. L'État leur reproche d'avoir à cette occasion « facilité l'entrée de personnes illégales sur le territoire français », et de l'avoir fait « en bande organisée ».



Envoi par le Groupe d'information et de soutien des immigré·e·s
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[Gisti-info] Fichage des mineur⋅e⋅s isolé⋅e⋅s : il n’y a rien à discuter [La Cimade, Gisti, Infomie, Unicef]

Action collective

La Cimade, Gisti, Infomie, Unicef
Fichage des mineur⋅e⋅s isolé⋅e⋅s : il n'y a rien à discuter


Ce courrier a été adressé au cabinet du ministre de l'Intérieur en réponse à une proposition de réunion sur le projet de décret relatif au fichier des mineur⋅e⋅s isolé⋅e⋅s
Directrice adjointe
Cabinet du Ministre de l'Intérieur
Place Beauvau 75008 PARIS

Madame la Directrice adjointe,

Les organisations signataires ne se rendront pas à la réunion sur le projet de décret relatif au fichier des mineur⋅e⋅s isolé⋅e⋅s, organisée lundi prochain par le cabinet du Ministre de l'intérieur.

Dès l'annonce de la création de ce fichier dans le cadre des débats sur la loi asile et immigration, finalement adoptée le 10 septembre dernier, nous nous sommes opposés au principe même de cette disposition qui porte gravement atteinte à la vie privée de ces mineur⋅e⋅s sans apporter la moindre amélioration de leurs conditions d'accueil et de protection [1].

Loin d'atténuer les effets néfastes de la loi, le projet de décret d'application prévoit de collecter encore plus d'informations sur ces mineur⋅e⋅s et de les croiser avec d'autres fichiers concernant l'entrée et le séjour des étrangers (VISABIO et AGDREF). De surcroît, ce texte affiche une finalité encore plus répressive que la loi puisqu'il vise à permettre aux préfectures d'identifier et de localiser les jeunes déclaré⋅e⋅s majeur⋅e⋅s par les conseils départementaux afin de préparer leur éloignement forcé [2].

Nous considérons que ce décret ne peut être ni amendé ni amélioré. Le gouvernement doit renoncer à mettre en œuvre les dispositions sur le fichage des mineur⋅e⋅s isolé⋅e⋅s.

Nous prions de recevoir, Madame la Directrice adjointe, l'expression de nos salutations distinguées.

Paris, le 12 décembre 2018

Jean-Claude Mas, Secrétaire général de la Cimade

Émilie Dewaele, Présidente d'Infomie

Sébastien Lyon, Directeur général de l'Unicef

Vanina Rochiccioli, Présidente du Gisti



Envoi par le Groupe d'information et de soutien des immigré·e·s
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mardi 11 décembre 2018

[Gisti-info] Nouvelle publication : « Demander l’asile en France » (2e édition)

Nouvelle publication

Demander l'asile en France
2e édition


La procédure d'asile, déjà largement remaniée en 2015, vient à nouveau d'être modifiée en profondeur par la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 « pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie » réformant le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (Ceseda).

Le législateur n'a pas entendu simplifier la procédure mais, au contraire, l'a rendue encore plus technique et difficilement compréhensible par les exilé·e·s, mais aussi par les personnes qui viennent leur apporter leur aide.

La politique d'accueil est en crise depuis des années. Crise organisée par la France elle-même qui, au lieu d'essayer de réellement accueillir et d'adapter son système (structure de premier accueil, accueil en préfecture, hébergement en nombre suffisant, véritable assistance administrative, sociale et juridique), fait le choix de toujours plus contrôler et refouler.

Bien qu'il soit difficile de lister tous les pièges tendus par l'administration, cette publication a pour but de fournir les informations nécessaires pour déposer une demande d'asile et faire valoir ses droits.

Cette note pratique est également disponible en version traduite sur le site du Gisti : www.gisti.org/asile-en-france


Décembre 2018, 2e édition, 48 pages, 7 € + frais d'envoi
ISBN : 979-10-91800-52-5




Sommaire

I. L'accueil des demandeurs d'asile

A. Les structures d'accueil
B. Le passage par les centres d'accueil et d'examen des situations

II. Les démarches au guichet unique de demande d'asile

A. Le « tri » des demandeurs par la préfecture et le droit au séjour
B. L'Ofii et les conditions matérielles d'accueil

III. La procédure « Dublin »

A. La détermination par la préfecture de l'État responsable d'une demande d'asile
B. La mise en œuvre de la procédure « Dublin »
C. Les délais
D. Le placement « en fuite »
E. Conséquences sur votre demande d'asile
F. Le recours contre la décision de transfert « Dublin »
G. Le recours contre la décision d'assignation à résidence
H. Les personnes transférées qui reviennent en France

IV. La demande d'asile à l'Ofpra

A. L'introduction de la demande d'asile à l'Ofpra
B. Le récit d'asile
C. L'entretien avec un officier de protection de l'Ofpra

V. Le recours contre une décision de refus de l'Ofpra devant la CNDA

A. La demande d'aide juridictionnelle
B. Le recours
C. L'audience
D. Si la CNDA vous accorde la protection
E. Si la CNDA rejette votre recours
F. Si vous êtes débouté de l'asile

VI. La santé

VII. Le droit au travail

A. Démarches à accomplir pour obtenir une autorisation de travail
B. Cas particulier des mineurs isolés étrangers

VIII. Les mineurs isolés étrangers

A. Obtenir une prise en charge de l'Aide sociale à l'enfance
B. Faire une demande d'asile en tant que mineur isolé

IX. Votre famille

A. Vous vous êtes marié avant la demande d'asile
B. Vous vous êtes marié après la demande d'asile
C. Vous êtes mineur non marié
D. Recours
E. Scolarisation
F. Divorce





(chèque, carte bancaire, virement, voire espèces pour retrait sur place)





vendredi 7 décembre 2018

[Gisti-info] Publication désormais téléchargeable : « Expulsions de terrain et de squat : sans titre mais pas sans droits » (2e édition, Fondation Abbé Pierre / Gisti / Romeurope)

Publication désormais téléchargeable gratuitement

Expulsions de terrain et de squat : sans titre mais pas sans droits
2e édition, Fondation Abbé Pierre / Gisti / Romeurope


En France, nombre de personnes vivent aujourd'hui sur des terrains, dans des bidonvilles, des squats et d'autres formes d'habitat de fortune. Ces dernières années, l'expulsion de ces lieux de vie très précaires sans aucune proposition de relogement a été érigée en véritable politique publique.

Ces expulsions concernent des citoyens et des citoyennes de l'Union européenne, particulièrement les personnes roms ou considérées comme telles, ainsi que des ressortissant·e·s de pays dits « tiers » à l'Union européenne, ayant en commun de se trouver dans une grande précarité à la fois sociale, économique et juridique. La majorité de ces opérations d'expulsion, qui se traduisent par la destruction du domicile et des biens des habitant·e·s, ont lieu au mépris de leurs droits les plus élémentaires. Beaucoup, en effet, ne respectent pas l'ensemble des procédures prévues par la loi. Or le traitement de cette question est complexe, pour les habitant·e·s et les personnes qui les aident, du fait d'une réglementation et de pratiques variables en fonction, notamment, du propriétaire – public ou privé – du terrain ou du bâtiment habité.

La deuxième édition de cette note pratique s'adresse à toutes les personnes occupant sans titre un bidonville ou un squat, ainsi qu'à celles et ceux qui leur apportent soutien et solidarité. Elle traite à la fois des droits dont les habitant·e·s peuvent se prévaloir lors de l'installation sur le terrain (hébergement, scolarisation, domiciliation, raccordement aux réseaux d'eau et d'électricité, prévention des risques d'incendie, ramassage des ordures) et des démarches à entreprendre en cas de procédure judiciaire d'expulsion par les propriétaires ou de décision administrative d'évacuation par les autorités.


Avril 2018, 2e édition, Fondation Abbé Pierre / Gisti / Romeurope, 68 pages, 7 € + frais d'envoi, téléchargement gratuit
ISBN 979-10-91800-48-8




Sommaire


I. Démarches à engager dès l'installation sur un bidonville ou dans un squat

A. Savoir qui est le propriétaire

B. Faire connaître l'identité des habitants et des habitantes

C. Prendre des photographies du lieu occupé

D. Rôle des associations et collectifs

II. Les droits des personnes habitant un bidonville ou un squat

A. Quelques préalables à des démarches de revendication de droits

B. Respect des biens

C. Droit à un logement ou à un hébergement

D. Droit à la scolarisation des enfants

E. Droit à la domiciliation pour les personnes sans domicile stable

F. Droit au raccordement à l'eau et à l'électricité

G. Droit au ramassage des ordures ménagères

H. Prévention des risques d'incendie

I. Droit à la santé

J. Droit au travail

III. Les différentes procédures d'expulsion

A. L'expulsion réalisée dans les 48 heures sans décision de justice

B. L'évacuation sur décision administrative de la préfecture ou de la mairie

C. L'expulsion en vertu d'une décision de justice

IV. Que faire à la suite de la décision d'un tribunal ordonnant l'expulsion ?

A. La décision du tribunal administratif

B. La décision du tribunal de grande instance ou du tribunal d'instance

V. La mise en œuvre de l'expulsion

A. L'intervention d'un huissier

B. L'intervention de la préfecture : pas d'expulsion sans concours de la force publique

C. L'expulsion effective à la suite d'une décision du tribunal de grande instance ou du tribunal d'instance

D. Les conséquences de l'expulsion : la destruction des biens

E. Que faire en cas d'expulsion sans décision de justice ni arrêté ?

Annexes

1. Modèle d'attestation sur l'honneur

2. Modèle d'attestation sur l'honneur - Ressources

3. Modèle de recours gracieux en cas de refus de domiciliation par un CCAS

4. Eau, électricité, ordures, prévention des incendies : lettre type à la mairie

5. Lettre type au service départemental d'incendie et de secours (SDIS)

6. Éléments à réunir en cas d'expulsion ou d'évacuation d'un terrain ou d'un squat

7. Faire valoir l'aide juridictionnelle

8. La saisine du Défenseur des droits

9. Modèle de courrier relatif à l'application de la trêve hivernale à tout lieu habité

10. Schémas des différentes procédures

11. Lexique des termes juridiques



ou bien

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