Tunisie : pas de printemps pour les migrants
Nicanor Haon
Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, Gisti
Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, Gisti
Une situation humanitaire alarmante et un avenir de plus en plus opaque sont le lot des enfermés du camp tunisien de Choucha, originaires, en grande majorité, d’Afrique subsaharienne. Le Haut Commissariat aux réfugiés ne leur propose plus de solution, aucun État ne voulant les accueillir. Soumis à des pressions illégales, à des conditions de vie indignes, certains partent en Libye pour tenter la voie de la mer. Choucha ne serait-il pas en passe de devenir un lieu d’enfermement pérenne, pour les réfugiés indésirables ?
Le camp de réfugiés de Choucha, situé entre le poste frontière de Ras Jedir et la ville de Ben Guerdane dans le gouvernorat de Medenine, a été ouvert durant le conflit libyen, le 24 février 2011, par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Depuis, plusieurs centaines de milliers de réfugiés y ont transité, ainsi que par les camps de Remada, d’El Hayet et de Tataouine. En juillet 2012, il accueillait plus de 2 000 personnes dont environ 200 déboutées de leur demande d’asile.Alors que les réfugiés libyens s’établissent sur tout le territoire tunisien, les réfugiés d’autres nationalités, notamment subsahariennes, demeurent dans les camps dans l’attente d’un retour organisé par l’Organisation internationale des migrations (OIM) ou d’une hypothétique réinstallation par le HCR dans un pays tiers. Certains partent pour la Libye et tentent de prendre, au péril de leur vie, des bateaux pour l’Europe.
Si la situation humanitaire reste problématique à Choucha, la permanence de ce camp pose une question politique de premier plan : qu’adviendra-t-il des déboutés du droit d’asile et des réfugiés statutaires qui ne seront pas réinstallés dans d’autres pays ? Leur attente interminable, sans statut juridique, dans une région désertique et dangereuse, servirait-elle aux pays européens à repousser celles et ceux que personne ne veut accueillir ?
La Tunisie ne disposant pas de système d’asile, c’est le HCR qui attribue le statut de réfugié et organise la réinstallation des réfugiés reconnus comme tels dans des États tiers. Il examine les demandes à partir d’entretiens au cours desquels les réfugiés développent leurs parcours. Le statut attribué par le HCR ne donne aucun droit de séjour en Tunisie, mais peut permettre une réinstallation dans un pays tiers, à condition qu’un programme de réinstallation soit en cours et que le réfugié soit accepté par ledit pays. Si la demande est refusée, la personne déboutée est tolérée dans le camp, sans statut juridique ni droit de sortie.
Des pratiques choquantes
Tout au long de cet examen, les pratiques du HCR sont choquantes et pourraient s’apparenter à des procédures que le Haut Commissariat a lui-même dénoncées quand elles étaient le fait d’un État [1].
(...)
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Extrait du Plein droit n° 94 (octobre 2012)
« L’étranger et ses juges »
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