lundi 15 mars 2010

[Gisti-info] « Records d’inhumanité ? » - Édito du Plein Droit n° 84

Records d'inhumanité ?

ÉDITO

Il y a des moments où l'on ne sait plus tellement comment qualifier la politique d'immigration menée et les pratiques qui l'accompagnent : inhumaine, indigne, honteuse… et illégale.

L'actualité ne manque pas d'histoires de vies brisées, de droits bafoués et de mensonges orchestrés par le pouvoir en place. Grâce notamment au travail mené par RESF, de façon régulière, la presse nous raconte des parcours de vie qui devraient aboutir à la délivrance de titres de séjour par une juste application de la loi. On pense notamment aux jeunes scolarisés ou insérés dans des cursus de professionnalisation qui, au lieu de recevoir un titre de séjour au nom du respect de leur vie privée et/ou familiale, sont placés en rétention administrative et éloignés de force vers un pays qu'ils ne connaissent pas.

Dans le domaine de la traque des sans-papiers et de ceux qui les soutiennent, même les conditions climatiques ne réduisent pas les ardeurs des pouvoirs publics occupés à briser toute velléité d'améliorations du quotidien d'exilés réduits à l'errance dans les rues et autres « jungles » reconstituées. Ces dernières continuent de faire l'objet de descentes policières, et même le matériel de survie distribué par les associations n'échappe pas à leur rage destructrice. Les militants du réseau No Border qui ont tenté d'ouvrir à Calais un espace solidaire aux Irakiens, Afghans, Vietnamiens et autres Érythréens traqués par les forces de l'ordre ont à leur tour été frappés par la répression policière : interpellations injustifiées et arrêtés municipaux à la légalité douteuse ont mis (provisoirement ?) fin à cette expérience gênante en ce qu'elle pointait l'inhumanité des pouvoirs publics.

Quant à l'aide promise aux Haïtiens victimes d'un terrible séisme, elle en est restée au stade des déclarations. L'accélération des procédures de regroupement familial ne concerne en réalité que les dossiers déjà déposés et acceptés. Pour les autres, par exemple les membres de famille de Haïtiens résidant en France, qui parfois ont tout perdu, ce sera la procédure habituelle, mêmes conditions, mêmes délais. L'argument de l'« appel d'air » avancé pour refuser de donner des instructions claires aux autorités compétentes (délivrance de visas, droit de faire venir des enfants devenus mineurs ou des ascendants…) est aussi imbécile que surréaliste. La suspension des éloignements forcés relève elle aussi de l'effet d'annonce. (
...)

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http://www.gisti.org/spip.php?article1919


Cet article est extrait du n° 84 de la revue Plein droit  (mars 2010),
  « Passeurs d'étrangers
»
http://www.gisti.org/spip.php?article1918


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